Boire un verre Apéro lecture

Quand ?

jeudi 26 septembre 2019 18h30

Durée estimée : 2 heures

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Qui ?

pas de photo

bluelagoon

Où ?

Café Edmond
31 rue Dragon 13006 Marseille

Plan d'accès

Partenaire

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Description

76ème sortie littéraire !!!!

Salut tout le monde ce mois ci nous avons choisi :

Marelle de Julio Cortázar
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"Marelle" de Julio Cortázar  et "Rendez-vous à Positano" de Golierda Sapienza

Premier livre interactif, Marelle, le roman-dédale de l’Argentin Julio Cortázar, transfigure le lecteur en héros romanesque. Par un jeu de miroirs et de dédoublements, il devient son propre personnage culte.

Combattre un dragon, sauver une princesse, se faire la malle avec le trésor d’un magicien. Enfant, on pouvait vivre toutes ces aventures grâce aux “livres dont vous êtes le héros”. A la fin d’un paragraphe numéroté, on avait le choix entre plusieurs possibilités et le scénario se modifiait au gré de nos envies. Paru en 1963, Marelle, de l’Argentin Julio Cortázar, est un peu l’ancêtre de ces romans interactifs. Explosant les codes traditionnels de la narration, Cortázar a en effet imaginé un livre qui pouvait se lire de plusieurs façons. Soit de manière classique soit en commençant par le chapitre 73 et en poursuivant la lecture selon l’ordre indiqué à la fin de chaque chapitre et à l’aide d’un mode d’emploi fourni en préambule. Le lecteur est invité à sauter de chapitre en chapitre comme l’on saute de case en case à la marelle.

C’est donc à cloche-pied que l’on suit les déambulations entre Terre et Ciel d’Horacio et de la Sibylle, deux déracinés qui s’aiment, se perdent et se retrouvent à travers leurs doubles. Sur fond de musique jazz dont la langue de Cortázar reproduit le rythme syncopé, on passe des ambiances enfumées et éthyliques de Saint-Germain-des-Prés à l’atmosphère délétère d’une clinique de Buenos Aires. Bien sûr, Horacio et la Sibylle forment un couple mythique de la littérature, figures erratiques de l’amour fou. Sibylle surtout, avec son nom de prophétesse, son enfant malade rebaptisé Rocamadour et son étrange disparition. Elle appartient à cette catégorie d’héroïnes énigmatiques et envoûtantes, soeur de la Doña Prouhèze du Soulier de satin de Claudel ou de Lol V. Stein, l’évanescente icône durassienne. A la sortie du livre, Cortázar s’étonna de la façon dont le public s’identifiait à ses personnages. C’était pourtant prévisible.

Pris au jeu (de piste) élaboré par l’écrivain, le lecteur est partie prenante de cette oeuvre labyrinthique. Il en devient le véritable héros. Un changement de perspective opéré par la volonté même de Cortázar et de son double de fiction, Morelli, l’écrivain de prédilection d’Horacio, dont les théories littéraires scandent Marelle dans un jeu de mise en abyme : “(…) le véritable et l’unique personnage qui m’intéresse c’est le lecteur, dans la mesure où un peu de ce que j’écris devrait contribuer à le modifier, à le faire changer de position, à le dépayser, à l’aliéner”, écrit Morelli. Par un jeu de miroir hyper sophistiqué, chaque lecteur de Marelle se retrouve transfiguré en personnage romanesque auquel il peut vouer son propre culte.

Apéro lecture

Bonne lecture à tous !!!!