La sapienza
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Sortie Gratuite
Prix normal : prix d'une place de cinéma
Description
SYNOPSIS
Alexandre Schmid est un architecte brillant mais en panne d'inspiration. Il part en Italie pour y trouver un renouveau artistique et spirituel. Il veut y etudier l'œuvre de Francesco Borromini qui fut le rival de Bernini. Il est accompagné par sa femme Aliénor, dégoûtée par la grossiéreté de la société et triste du manque de passion et de communication dans son couple. A Stresa, ils croisent sur leur route Goffredo qui se lance dans des études d'architecture et sa soeur, la fragile Lavinia. Cette rencontre bouleverse leurs plans...
LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 25/03/2015
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Eugène Green, ancien homme de théâtre dont l'esprit baroque perdure avec talent dans son cinéma excentrique, nous emmène une fois encore en voyage. Cette fois en Italie, à Stresa, sur les rives du lac Majeur, où un architecte reconnu et sa compagne viennent passer quelques jours, en quête d'un second souffle. Ce couple d'âge mûr en rencontre un autre, plus jeune, composé d'un frère et d'une soeur. Laquelle souffre d'un mal étrange qui la contraint à garder le lit. Tandis que les deux femmes restent sur place, le mari et le jeune homme partent à Rome sur les traces de Borromini, grand architecte du xviie siècle.
Les acteurs qui nous regardent droit dans les yeux, les visages comme dénudés, la diction tonique, accentuant les liaisons : on est bien chez Eugène Green, au style épuré, reconnaissable entre mille, à même de faire surgir des échos d'époques anciennes. L'architecture permet au cinéaste de réunir la matière et la spiritualité, d'évoquer le bonheur ou le malheur d'habiter le monde, selon qu'on croit ou non à une forme de transcendance de l'art. Lassé, sombre car enfermé dans des compromis, l'homme mûr retrouve au contact du jeune, sorte de disciple éclairé, l'énergie qu'il avait perdue.
Ce réapprentissage, la femme le vit aussi de son côté, en faisant face à la douleur. Fabrizio Rongione (qui jouait le mari de Marion Cotillard dans Deux Jours et une nuit) et Christelle Prot-Landman (l'astre aux yeux vert amande qui avait illuminé Toutes les nuits, premier film d'Eugène Green), tous deux intenses, d'une gravité jamais affectée, apportent beaucoup de grâce adulte à l'itinéraire de ce couple. Outre son point de vue enrichissant sur l'architecture, le film, pénétré par la musique éthérée de Monteverdi, procure les mêmes effets qu'une cure de rajeunissement. Synonyme, ici, d'un autre mot que l'auteur affectionne : « renaissance ». — Jacques Morice






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